.     Les pochades du baobab     .


Quel attrait singulier exerce le Mexique sur les Billaz ? Les Billaz masculins je précise, car ni Geneviève, qui m’a pourtant accompagné dans tant de pays latinos, du Chili au Venezuela, en passant par tous les pays andins, du Panama au Salvador, et bien sûr le Brésil, ni Elisabeth ni Marie-Laure n’y ont mis les pieds.


Mais Michel y a séjourné un an, ainsi que Julien une vingtaine d’années plus tard, et qui a d’ailleurs épousé une Mexicaine. Et moi qui n’a fait qu’y passer, sans jamais y séjourner, j’en suis devenu un fan. Vaya entender ! 


Certes les Billazons ont profité de l’hospitalité de la famille Goethals, très proche depuis notre séjour commun au Chili, du temps des réformes agraires, avant le sinistre coup d’Etat de Pinochet (septembre 1973). Jacquy avait trouvé un poste FAO, à Mexico. Quel attrait singulier a incité Michel et Julien à y séjourner ? Il faudra leur poser la question…


Quant à moi, les éléments de réponse de trois ordres :


- le Mexique a connu la seule révolution au monde ayant permis à des paysans d’accéder au pouvoir central. Pour le passionné que je suis des réformes agraires, un véritable cas d’école : Emiliano Zapata, à la tête des milices paysannes, délogeant en 1917 les dirigeants d’un pouvoir aux mains des latifundiaires.


- la beauté et la gentillesse, partout, omniprésentes :

. beauté des paysages bien sûr, des rivages des deux océans aux communes rurales, avec  les reliques des sociétés aztèques et mayas, mais aussi la beauté des vêtements des femmes de tous âges, merveilleusement bariolés, un enchantement. Et les marchés, avec l’infinie variété des fruits et légumes tempérés et tropicaux : s’y promener est un régal pour les yeux.

. gentillesse extrême, dans le monde rural au moins, celui qui m’est le plus familier : sourires, affabilités, vis-à-vis du « gringo » hispanophone sont des plus plaisantes.


- la musique :

Je n’ai aucune honte à reconnaître ma fascination pour les "mariachis", malgré les commentaires ironiques de mes enfants. A la limite du fanatisme : un jour, arrivant tard dans la nuit, de Paris, j’ai demandé à Michel et Thierry de m‘emmener à la plaza Garibaldi : un vrai bonheur ! Et que dire de leurs merveilleuses chanteuses ?  Lola Beltran par exemple : Paloma negra, Cucucrucu, Tres dias… Encore maintenant, plusieurs dizaines d’années après, je craque. Qu’y faire, les amis, c’est la tripe qui commande !


De nos jours, occupant une place essentielle dans le transit des drogues de l’Amérique du Sud vers les Etats Unis, le Mexique est empoisonné par les meurtriers conflits entre gangs.


N’occultons pas non plus que, depuis toujours, l’abrazo apretado est aussi destiné à s’assurer que l’ami n’est pas armé.


Le Mexique, c’est aussi ce mélange singulier de beauté, d’amitiés et de violence. Vaya entender ! C’est le Mexique de toujours, qui continue à nous fasciner.

Mexique, quand tu nous tiens !
Avril 2024
Le monde d'avant