.     Les pochades du baobab     .

PACIFIC 241, comment la qualifier autrement que la reine des locomotives à vapeur ? Pour vous convancre, allez la voir sur Wikipedia. La dernière du genre fabriquée en France, puisqu’après, place à l’électricité et au gasoil. Mais, heureusement, les PACIFIC 241, j’ai pu les voir, presque les toucher, quand je me rendais de Lyon à Paris pour les cours à l’Agro. La traction électrique n’était assurée qu’à mi-cheminn au départ de Paris. C’était en 1951, j’avais 18 ans.


Comment ne pas les regretter, ces beautés fatales, quand on voit leurs soeurs actuelles  électriques ou à gasoil, sans panaches de fumée, dont les roues sont presque honteusement cachées : des vulgaires  monstres mécaniques fades, incolores et sans saveur.


J’ai toujours été fan des chemins de fer, que je voyais du balcon de chez mes parents, à deux pas de la gare des Brotteaux. Pour moi, ces trains avaient la saveur des vacances, que je passais dans les Alpes, à crapahuter avec mes amis d’enfance. En prime, des wagons à terrasses, à l’avant et à l’arrière. On pouvait s’y asseoir, sentir le vent de la vitesse : grisant ! Le contrôleur nous demandait de nous tenir debour ; mais à peine avait-il tourné le dos que nous retrouvions la position assise. Le rêve ! Maintenant impossible dans les TGV et l’immense majorité des TER, à l’exception peut-être des micro-igines locales, comme entre Le Grau du Roi et Nîmes. 


A l’époque, dans les terroirs villageois, pas d’emplacements réservés aux campeurs : on repérait un coin sympa, avec de chouettes alpages, proches d’un cours d’eau. On demandait au paysan le droit de planter la tente, de faire du feu pour la tambouille du soir, avec l’engagement de tout nettoyer, impec, en partant. Ce camping au plus près de la nature, c’est un de mes beaux souvenirs de vacances d’ado : un formidable sentiment de liberté !



Et Ava Gardner, me direz-vous, qu’a-t-elle à voir avec la reine des locomotives ? Rien, sauf que c’était une des reines du cinéma. Rien à voir avec une loco, certes, mais une autre sorte de beauté fatale. Star d’Hollywood, elle était la vedette de nombre de films américains à succès. Son nom parle aux gens de ma génération.


A Geneviève et moi, elle nous parlait beaucoup, car toutes deux  se ressemblaient étonnament, comme nombre de nos proches le soulignaient.  Au point d’imaginer un lien de parenté ? Certes invérifiable, sauf à enquêter si, parmi ses ancêtres, on ne trouverait pas un originaire de Dôle, la ville de naissance de Geneviève. Après tout, pourquoi pas, tous ces américains blancs ne sont-ils pas d’origine européenne ?


Mais quand même, elle, Geneviève, avait les yeux bleus, ce qui n’était pas le cas de son sosie. Et puis son sourire, enchanteur, était naturel, ce qu’on de saurait dire d’aucun acteur à succès, toujours en représentation devant un appareil photo ou une caméra. 

Deux reines sans sujets
Septembre 2025
Le monde d'avant
PACIFIC 241, LA REINE DU RAIL,
ET AVA GARDNER, LA REINE D’HOLLYWOOD